Gérer la dette de la commune avec rigueur

Marine Jozan, tête de liste d’Ensemble pour Saint-Pierre.

Marine Jozan, tête de liste Ensemble pour Saint-Pierre, et Bertrand Devys, expert-comptable et colistier, veulent renégocier les emprunts avec les banques à Saint-Pierre-Quiberon.

Votre programme est ambitieux. Allez-vous augmenter les impôts pour le réaliser ?

Marine Jozan : Nous n’augmenterons pas les impôts pendant tout le mandat. Notre programme est réaliste et réalisable. Les principaux investissements seront subventionnés par Auray Quiberon terre atlantique (Aqta), le département et parfois par la région. Nos projets ne seront pas pharaoniques mais raisonnables, pour répondre aux besoins des concitoyens. Par exemple, notre projet de nouvelle mairie ne coûtera que 175 000 €.

Si vous ne le faites pas, allez-vous endetter la commune ?

Bertrand Devys : Nous allons enfin gérer la dette de la commune avec rigueur, car cela a été fait de manière laxiste depuis plus de douze ans ! Il y a quatorze emprunts. Trois ont été contractés par la maire actuelle, Laurence Le Duvéhat, et onze par la maire précédente, Geneviève Marchand. Certains ont un taux de plus de 6 % et leurs échéances finales s’étalent de 2022 à 2044. Le montant en capital à rembourser dans les trois prochaines années reste compris entre 230 000 € et 210 000 €. Nous renégocierons avec les banques pour faire baisser les taux et pour diminuer les intérêts à payer. Nous étalerons l’amortissement du capital pour nous donner enfin les marges financières nécessaires, afin de pouvoir investir pour l’avenir de Saint-Pierre.

Que pensez-vous du montant de la trésorerie qui s’élevait à 1 131 551 € au 31 décembre 2019 (1) ?

M. J. : À quoi sert-il d’emprunter lorsque l’on possède une trésorerie pléthorique, et qui plus est n’est pas rémunérée ? Le 19 juillet 2019, Laurence Le Duvéhat a contracté un emprunt de 500 000 € sur 25 ans. Le coût des intérêts s’élèvera à 7 442 € en 2020. De l’argent perdu pour rien ! Nous établirons une gestion dynamique de la trésorerie, avec l’aide de professionnels, afin de n’emprunter que de manière intelligente et pertinente.

Que pensez-vous du budget 2020 voté lors du conseil municipal du 3 juin ?

B. D. : Je note tout d’abord que la séance était sans public. Bel exemple de démocratie de la part de la maire sortante. Il n’y avait aucune urgence et c’est d’une grande imprudence, car nous ne savons pas, à ce jour, ce que le gouvernement décidera pour aider les communes en difficulté, compte tenu de la crise sanitaire. De plus, les recettes des campings ne seront certainement pas du même niveau que les saisons précédentes. Le budget 2020 a été voté par nature. Cette méthode, bien que prévue par la loi, est très critiquable car elle n’assure aucune transparence dans la gestion communale, et elle rend les comparaisons des dépenses très difficiles. Nous voterons tous les documents budgétaires par fonctions, méthode qui permettra enfin une gestion communale en toute transparence, et permettra à tous de bien comprendre les finances de Saint-Pierre.

Quelles sont vos différences avec les deux autres listes ?

M. J. : Elles ne parlent jamais du budget et des finances. Cela nous intrigue. Savent-elles gérer rigoureusement ? Ont-elles les compétences pour le faire ? Notre équipe fait la différence, car sept d’entre nous ont déjà exercé un mandat municipal, dont quatre ont été adjoints au maire, et Bertrand Devys était adjoint aux finances dans sa commune et son département. Nous serons des gestionnaires exigeants, rigoureux et économes.

(1) Ce chiffre est indiqué dans le « Document de valorisation financière et fiscale 2019 », réalisé par la Direction générale des finances publiques, trésorerie d’Auray.